Symphonie et Renoir
Chroniques de la construction d'un paquebot sur les bords de la Meuse.

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7 juillet 1998

Les enfants de Faulx-les-Tombes
Dernier jour de l'année scolaire au chantier naval

Marcelle Visser,
orfèvre, soudeuse et spéléologue...

Marcelle Visser

Lors de ma dernière visite au chantier, un ouvrier m'avait accosté :
- "Pour ton prochain reportage, va voir la nouvelle! Cela devrait t'intéresser. Une femme qui soude, ce n'est pas courant!"
Ce matin, je me suis donc mis à la recherche de la "femme qui soude". Je l'ai trouvée, avec sa salopette, son masque et ses gros gants de travail, mais avec aussi de fines boucles d'oreille très élégantes. Voici son histoire.
Marcelle Visser est hollandaise, elle a 29 ans et provient d'un village près de Tilburg. Elle a étudié l'orfèvrerie et la bijouterie. Mais, me dit-elle, il y peu de débouchés pour cela en Hollande. Pendant tout un temps, elle a soudé des cadres de Harley-Davidson, puis elle a suivi son ami jusqu'ici. Elle est en Belgique depuis janvier.
Elle s'est facilement adaptée, passant d'une culture et d'une langue à une autre et de la soudure de tous petits bijoux à celle de tôles de plusieurs mètres carrés.

Je lui demande comment elle est acceptée dans le monde parfois un peu rude des métallos, composé uniquement d'hommes.
-"Pas de problèmes, me dit-elle avec son drôle d'accent hollandais, ils sont tous gentils."
Nous discutons ensuite du bateau qui se construit autour de nous.
-"Le bateau est superbe. J'aime bien être une petite partie de ce travail." .


Marcelle VisserMais Marcelle a beaucoup de passions dans la vie. D'abord son premier métier, la bijouterie. Quand elle aura trouvé la maison de ses rêves, elle voudrait refaire des bijoux, créer de nouvelles formes.
Et puis, il y la spéléologie. Le week-end, elle enfile son équipement et elle part faire les grottes de la région. Elle les a presque toutes visitées: le trou Bernard, le trou Haquin, le trou de l'église...
Et d'autres aussi, plus exotiques, beaucoup plus loin.
Sa passion l'a amené à faire de grands voyages: en Afrique du Sud, en Angleterre, en Australie

Marcelle VisserDans trois semaines, Marcelle déposera son poste de soudure, laissera à d'autres le soin de terminer le "Renoir". Elle partira pour l'Indonésie. Sans doute le besoin de savoir si les grottes y sont plus profondes qu'ailleurs, si les montagnes y sont plus hautes et plus belles.
Et un petit peu d'elle flottera bientôt sur les eaux de la Seine...



Mardi 30 juin 1998 - 8h30

Je savais qu'une classe de l'école primaire de Faulx-les-Tombes suivait comme moi la construction du bateau. Je voulais avoir leur impression et découvrir le bateau avec eux.

En les attendant, je traîne dans le grand hangar, où l'on assemble les tôles du "Van Gogh", le frère de "Renoir", dont la construction vient de commencer. C'est là que j'ai fait la connaissance de Marcelle, une étonnante jeune femme dont vous découvrirez le portrait ci-contre.

Fillette

Mais, j'entends les cris des enfants. Les voilà. L'institutrice me raconte que c'est leur troisième visite au chantier. Une bonne partie de l'année, ils ont basé leurs cours sur le bateau, s'en servant pour les exercices de calcul ou de dessin.
Ensemble nous faisons le tour du bateau en construction, ensuite nous grimpons dans la coque par la petite échelle. Le contremaître leur explique ce que deviendra chaque pièce que l'on visite : salon, restaurant, cabines, magasin.

L'école de Faulx-les-Tombes


Les enfants écoutent, mais ils ont déjà la tête ailleurs... Pour eux, c'est la dernière matinée de cours. Dans quelques minutes, ce sera les grandes vacances. Et, avec eux, sur le grand bateau, je ressens aussi ce goût de congé, d'année qui se termine. L'institutrice me dit qu'elle essayera de les rassembler tous pour la mise à l'eau, pour que eux aussi, ils puissent participer à la naissance de "leur" bateau...

ST-ELOIAvant de partir, je m'arrête au réfectoire. C'est la pause du matin, j'y retrouve les têtes qui me sont devenues familières au fil des semaines : Gaetano, Victor, Alain et Marcelle, la petite nouvelle. Nous discutons, pendant qu'ils mangent leurs tartines. Dans un coin de la salle, une petite statue de Saint-Eloi, le patron des métallos, couve tout son petit monde d'un oeil bienveillant.

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